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La politique du moindre mal risque fort de conduire à la politique du pire !

Michel Citerne

Certes nous ne sommes pas en 1932.Certes nous ne sommes pas en Allemagne. Sans vouloir prétendre que l’histoire se renouvelle il est des ressemblances troublantes.

L’attitude d’un parti socialiste allemand résigné et d’un parti communiste combattant les fascistes, et dont les militants furent parmi les premiers à remplir les camps nazis, mais ayant des positions sectaires n’ont pas pu empêcher l’arrivée au pouvoir d’Hitler.

Dimitrov a expliqué que les conditions d’avénement du fascisme sont réalisées lorsque le capitalisme en crise peut en rejeter la responsabilité sur une population allogène et que les partis de gauche désunis n’offrent pas de véritables solutions.

 Aujourd’hui les idées fascistes, souvent camouflées sous l’expression de politique sécuritaire, ont une influence non négligeable dans notre pays. Pour ce qui est du détournement des vraies causes de la crise du système aujourd'hui, il n’est pas possible aux forces réactionnaires d’en faire porter la responsabilité aux juifs comme ce fut le cas dans les années trente. Le massacre que les forces du capital leur ont fait subir reste présent dans les esprits. Cela conduit même parfois à des réactions de condamnation de l’antisémitisme de la part de certains politiques comme Sarkozy qui sentent davantage la manœuvre politique que la sincérité.

Aujourd’hui les arabes sont « les juifs » de la période pré-hithlérienne de l’Allemagne de 1932. Le principe est le même, seul change le bouc émissaire.

 Quant à la gauche française elle a échoué par deux fois, faute de s’être attaquée aux véritables racines du mal, le système capitaliste.

Mitterand a permis un développement du front national et Jospin a permis la présence de Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle. Ce n’est pas le seul aspect bien sur du bilan du Gouvernement Jospin, mais c’est tout de même un aspect fondamental qui résulte du passage par deux fois de la gauche au pouvoir. Nous avons notre part de responsabilité dans ces échecs et c’est tout à l’honneur du PCF de savoir le reconnaître.

Rien ne sert de pleurer sur le passé mais ne pas en tenir compte risque fort de nous conduire à l’avènement du fascisme, en créant l’illusion pour  une grande partie du peuple français, trompé et déçu une nouvelle fois, que la solution se trouve dans un régime fort  n’ayant jamais été au pouvoir (pour cette génération).

Malheureusement un certain nombre de dirigeants socialistes refusent toujours de regarder en face les vraies raisons de l’échec de la gauche. Les mêmes ne proposent que des aménagements au nom de ce qui est possible, un  possible qui se trouve, au nom de la mondialisation, de l’Europe, réduit à la répartition des miettes des richesses que veulent bien laisser les tenants de la haute finance.  Quant au peuple français une fois de plus le PS lui demande de lui faire confiance, et veut réduire son intervention au choix entre les sauveurs multiples qu’il lui présentera.

La résistance récente du PS au projet Bolkenstein n’est qu’ apparence de réel changement d’orientation mais ne doit pas être négligée car elle résulte du vote du 29 mai 2005. Pour le PS le 29 mai doit être oublié. Selon lui, la  condamnation de la politique ultra libérale exprimée démocratiquement par une majorité de français, ne serait que le résultat d’une manifestation de mauvaise humeur ,ou d’une incompréhension, voir d’une victoire des analphabètes si on en croit Roccard.

Une théorie dangereuse semble faire jour qui tend à vouloir faire croire que compte tenu de la politique particulièrement anti sociale de la droite au pouvoir, il suffit d’attendre 2007.  Le peuple condamnera alors cette politique et la gauche arrivera tout naturellement au pouvoir. Rien n’est plus faux et plus dangereux. Car s’il est possible, mais pas certain, que le peuple condamne la droite, comme il l’a fait un certain 29 mai 2005, rien n’est moins sûr que cela le conduise à choisir automatiquement n’importe quelle gauche ! Ne pas tenir compte du 29 mai serait tromper notre peuple, lui voler sa victoire pourrait bien conduire au pire..

La seule solution c’est d’unir la gauche autour d’un projet issu du peuple, résultant des multiples propositions faites au cours de rencontres publiques avec toutes celles et ceux qui veulent y participer. Mais si l’union de la gauche est nécessaire elle n’est pas suffisante. Il faut que cette gauche rassemble celles et ceux qui veulent vraiment changer les choses car un nouvel échec politique aurait les pires conséquences. Toute attitude conduisant au choix d’une politique du moindre mal ne peut que conduire à une politique du pire.

octobre 2006

Suite à la publication du livre Communistes en Touraine une contribution de

 Dominique MAUGARS

La paix en Algérie :le 17 octobre 1957 a la CIMT.

 

Le PCF décide de faire du 17 octobre 1957 une grande journée de lutte contre la guerre d’Algérie et contre la misère qu’elle engendre.

La cellule Paul Désormeaux de la CIMT s’engage dans ce combat. Les communistes veulent montrer de façon active le lien entre les restrictions budgétaires, la diminution du pouvoir d’achat et la guerre et agir pour l’indépendance  du peuple Algérien.

84 ouvriers et mensuels de la CIMT signent un appel à arrêter le travail à 17 h le jeudi 17 octobre 1957 pour rejoindre la manifestation organisée a St Pierre des Corps par la municipalité ouvrière.

Cet appel commence ainsi : » Depuis 3 ans la guerre d’Algérie se poursuit. Elle nous coûte 2 milliards par jour qu’il nous faut payer. Des impôts nouveaux ont été votés ! 150 milliards de taxes nouvelles ont entraînés une augmentation formidable des prix à la consommation. Les crédits pour la reconstruction de logements ont été réduits, alors que 80% d’entre nous sont mal logés. »

Les 20 premiers signataires étaient tous soit des responsables politiques (conseillers municipaux communistes de St Pierre des Corps.) des anciens résistants et internés et des salariés dont les enfants se trouvaient mobilisés.

Dans cette période se développait aussi une lutte pour les salaires.

L’action de la cellule P Désormeaux du PCF voulait allier l’ensemble des salariés en montrant la nécessité de se battre a la fois pour les salaire et contre la guerre.

Les communistes affirment : »Nous pensons que la solution du drame algérien est ailleurs, et qu’elle ne peut être trouvée en dehors de la négociation sur la base de la reconnaissance de l’indépendance du peuple Algérien. »

C’est aussi dans ce texte du 8 octobre1957, distribué dans l’usine, adressé a la section socialiste SFIO de la CIMT que le PCF déclare : »Nous savons que votre soucis est de ne pas perdre l’Algérie, c’est a dire un débouché important pour l’économie française. C’est également notre soucis, mais nous considérons que l’Algérie ne peut devenir un important débouché pour l’économie française sur l’emploi de la force, mais sur la base de la reconnaissance du droit du peuple  algérien à l’indépendance.

Fidèle à l’esprit de Jean Jaurès et de Jules Guesde, nous pensons que le développement des échanges entre l’Algérie et la France n’est possible que si nous y réduisons les rapports colonialistes, qui soumettent l’Algérie aux appétits d’une caste privilégiée. Il supposent l’indépendance et l’égalité des deux parties en présence. Il implique la prompte cessation d’une guerre qui creuse chaque jour un fossé de sang et de haine. »

Ces tracts du PCF étaient signés Georges MAUGARS, secrétaire de la cellule P Désormeaux de la CIMT.

Pus de 200 ouvriers de la CIMT ont débrayés le 17 octobre 1957 pour la paix en Algérie et assistaient à la mairie au meeting qui a réuni près d’un millier de personnes.

Cette action politique a permis de faire progresser l’idée de paix et de lutte pour les revendications.

Ces luttes ont continuées ensuite plusieurs semaines.

La section du PCF distribuait un tract en novembre 1957 qui déclarait : » Depuis plusieurs semaines, les travailleurs de la CIMT mènent l’action dans l’unité pour les 25 frs d’augmentation, par des grèves de harcèlement par atelier, par équipe. Cette usine est a la pointe du combat depuis des mois pour les revendications, pour la paix en Algérie, pour la formation d’un gouvernement de gauche. »

Le 7 novembre 1957 les ouvriers en grève se redent auprès de la direction et l’oblige à recevoir les délégués. Une bousculade se produit et un huissier déjà présent dans le bureau se présente et dresse un constat.

Dès le samedi suivant 3 délégués CGT, Mrs ROBERT, Ch ATHEet PELIGRY reçoivent leurs lettre de licenciement ainsi que 5 salariés : Georges MAUGARS, BRANGER, PROUX, RENARD, et GOURON.

Une autre bataille s’engage.

Ce n’est qu’en 1959 que Ch Athé, délégué du personnel, gagne son procès.

Voilà une petite page de l’histoire de cette entreprise CIMT devenue EIMM après l’intégration des salariées a la SNCF en 1983.

Cette page est écrite avec quelques documents(tracts du PCF uniquement) toutes archives et témoignages seront les bienvenus.

octobre 2006

Quelle honte !

par Claude Lagrange

Secrétaire de l’amicale des vétérans du PCF d’Indre et Loire.

L’assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe va être saisie d’un projet de résolution visant à établir officiellement un signe d’égalité entre le communisme et le nazisme.

Regrettant qu’il n’y ait pas eu à ce jour un « Nuremberg  du communisme ». Dans ce projet de résolution on met en  cause l’idéal communiste comme un idéal pervers aboutissant aux crimes de masse. Demandent des sanctions ou des interdictions contre des partis communistes qui n’ont pas pris leurs distances par rapport à ces régimes totalitaires. D’un trait de plume on veut rayer de l’Histoire le rôle de l’URSS lors de la deuxième guerre mondiale : la victoire de Stalingrad et les 18 millions de soviétiques tués.

On veut passer sous silence, en 1933 à l’avènement de Hitler les communistes allemands sont arrêtés, torturés et envoyés dans les premiers camps de concentration à Miarenbourg, et Dachau. Le Secrétaire général du Parti communiste allemand était décapité par les SS.

On veut faire disparaître le lourd tribut payé par le Parti communiste  d’Indre et Loire, les 5 premiers fusillés en mai 1942 qui étaient tous communistes, les 38 fusillés et les 65 morts en déportation.

Ils sont morts avec un idéal communiste, autre que celui de leurs bourreaux.

N’est-il pas significatif qu’un officier SS après avoir achevé d’une balle dans la tête un résistant cria : « communiste, pas français »

On a la nausée en lisant cette proposition de résolutions et envers ces parlementaires qui osent la présenter.

Pour le Parti Communiste Français, le stalinisme est une perversion terrible d’un idéal communiste qui ne peut pas séparer l’égalité de la liberté, la justice sociale et la défense des droits de l’Homme. Le PCF n’a pas attendu la chute de l’URSS pour condamner de telles violations de libertés qui bafouent les principes humanistes et démocratiques qui sont au cœur du projet communiste proposé au 33ième congrès du PCF.

Nous n’avons rien à cacher. A la Fédération d’Indre et Loire nous avons mis à la disposition de chacun nos archives.

Nous n’avons rien à craindre de ces confrontations.

Nous faisons appel à tous les démocrates pour faire échec à ce projet de résolution liberticide. Nous restons fidèles aux résistants, à notre passé riche de joies mais aussi de peines et de drames vécus par les communistes.

Celles et ceux qui aspirent à en finir avec le régime capitaliste. Ils sont 61% en France à le souhaiter.

Ce régime apporte, misère, exclusion, injustice sociale, en France, en Europe et dans le monde.

La honte est du côté de celles et ceux qui défendent un tel régime.

Oui nous sommes fier d’être communiste.

 

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