SARKOZY LIQUIDATEUR DU PROGRAMME
DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE.
Rappel
historique : En pleine lutte armée contre l’occupant nazi et les
collabos de Vichy, les représentants des forces patriotiques (gaullistes,
communistes, socialistes, chrétiens-démocrates, syndicalistes et d’autres)
groupés au sein du Conseil National de la Résistance, adoptent le 15 mars
1944, un programme gouvernemental d’action
pour le contenu duquel le PCF joue un rôle essentiel.
Dans
son discours au Congrès de Versailles, Sarkozy vante, en bon démagogue, le
Programme de la Résistance tout en organisant sa liquidation conformément aux
exigences du MEDEF (cf. propos de
Denis Kessler « … il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire
méthodiquement le Programme du CNR »)
Voyons
comment, au regard de quelques extraits (en italique dans le texte),
la droite ultra-libérale déconstruit toutes les avancées sociales
et démocratiques proposées par le Conseil National de la Résistance.
Après un préambule définissant les mesures pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation ainsi que celles à prendre à l’encontre des traîtres, des trafiquants et des collaborateurs, le Conseil National de la Résistance s’attache à tracer les grandes lignes d’une politique visant à rétablir une véritable démocratie et les libertés ainsi qu’à promouvoir d’audacieuses mesures sociales pour le peuple.
Sur le plan démocratique :
Rétablissement du suffrage universel. Assuré pleinement dès la Libération mais remis en question : 1. dès 1951 par le système électoral des apparentements, avec la pression des politiques sous influence américaine, pour réduire la représentation parlementaire des gaullistes et des communistes; 2. suppression de l’élection des députés à la représentation proportionnelle par De Gaulle et la droite en novembre 1958 (avec 20 % des voix, le PCF n’a plus que 10 députés à l’Assemblée Nationale). Maintenant avec la réforme Balladur, suppression envisagée des départements et disparition progressive des communes, c’est-à-dire éloignement du peuple des centres de décisions. Aux oubliettes, la démocratie participative et de
Liberté de penser, de conscience et d’expression. Depuis la Libération, sous les proximité ! Si les citoyens n’y mettent le holà.différents gouvernements de droite et de gauche, de nombreuses atteintes ont eu lieu, en particulier, au cours des luttes contre les guerres coloniales (arrestation et emprisonnement de plusieurs militants tourangeaux : Raymonde Dien au moment de la guerre du Vietnam (1950) et de Jacques Vigier (1956) pendant la guerre d’Algérie). Lors des grands mouvements populaires de 1947 : atteintes au droit de grève et répression par la police et l’armée. 1948 : répression de la grande grève des mineurs.
Liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’état et des puissances d’argent. Aujourd’hui les grands groupes financiers, comme Bouygues et Lagardère notamment, contrôlent la majorité de la presse écrite. Les autres grands médias, la radio et la télévision sont, soit entre les mains des commis de la haute finance, soit sous la coupe du pouvoir sarkoziste.
Libertés d’associations, de réunions et de manifestations : elles existent toujours formellement mais ont souvent été interdites et réprimées par la police.
Inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance : que penser des perquisitions illégales, des écoutes téléphoniques et de l’interception policière des messages sur Internet ? Sinon que cette règle est bafouée par le pouvoir ultra-libéral.
Respect
de la personne humaine : quid des camps de rétention, des expulsions
de familles pauvres, des reconduites à la frontière et de la condamnation des
citoyens ayant aidé les sans-papiers ? Mesures inhumaines et liberticides
très pratiquées en « Sarkozy ».
Egalité absolue de tous les citoyens devant la loi : de nombreux exemples de manquements à ce point de la devise républicaine peuvent être cités, entre autre le fameux bouclier fiscal qui permet aux plus riches de bénéficier de larges réductions d’impôt (40 milliards d’€ leur ont été redistribués).
Les mesures préconisées par la Résistance :
L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières… mais la construction de l’Europe capitaliste, avec la complicité des politiciens de droite et sociaux-démocrates entraîne dans un premier temps, la quasi-liquidation de la sidérurgie, de l’industrie textile, des mines, des grandes branches d’industrie comme la machine outil, la construction navale, etc. Maintenant, la menace de privatisation pèse sur d’autres secteurs : La Poste, EDF, GDF, SNCF; en fait l’ensemble des services publics est dans le collimateur des capitalistes.
Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des états fascistes. Cette règle a été totalement détournée de la volonté des initiateurs du Programme du CNR, le pouvoir de décision est entièrement entre les mains des financiers pour le plus grand profit des seuls actionnaires.
Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques. Il a été effectif après la Libération mais progressivement les entreprises ont été dénationalisées pour revenir sous la coupe du capital. Avec la crise actuelle du capitalisme, le rétablissement des préconisations économiques du CNR devient nécessaire et urgent dans l’intérêt de la majorité de nos concitoyens. Ce n’est pas le Programme du CNR qu’il faut défaire, messieurs les grands patrons ! mais toutes les lois et mesures anti-sociales élaborées par vos serviteurs à la direction des institutions.
Le développement et le soutien des coopératives de production, d’achat et de vente, agricoles et artisanales. Aujourd’hui les petits producteurs ont pratiquement disparu et les agriculteurs connaissent d’immenses difficultés face à la grande distribution qui impose ses conditions. Dans ce secteur aussi, il faut changer la donne.
La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de leurs parents…On constate aujourd’hui que la mission progressiste confiée à l’école par le CNR, pour une République vraiment laïque, n’a pas réussi parce que les hautes fonctions de la République sont restées chasse gardée de la bourgeoisie. Le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires et la participation des travailleurs à la direction de l’économie sont restés sans suite et aujourd’hui ce sont les actionnaires qui continuent à décider seuls..
Afin d’assurer :
Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’état. Cette grande loi sociale bâtie par Ambroise Croizat (ministre communiste du 21.11.45 au 04.05.47) visait à en finir avec l’impossibilité pour les ouvriers d’accéder aux soins et, disait-il en des termes très novateurs « en finir avec la souffrance et les angoisses du lendemain ».
La Sécurité Sociale donnait à tous les salariés la possibilité d’accéder aux soins hospitaliers, médicaux et pharmaceutiques à coûts gratuits ou très limités. Depuis quelques années, et particulièrement avec le pouvoir sarkoziste, cette grande conquête sociale est démolie, pas à pas sous la pression de l’organisation patronale.
Une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours. A la Libération
82 % des français, ne bénéficiant d’aucune allocation vieillesse, devaient travailler jusqu’à
l’épuisement. Aujourd’hui encore alors que plus de 50 % des retraités touchent moins de 800 €
par mois, le patronat remet en cause le départ en retraite à 60 ans pour aller vers les 70 ans.
Autres lois de progrès découlant du Programme du CNR : la généralisation des comités d’entreprise, la création du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), le statut unifié de la Fonction Publique et la création de l’Ecole Normale d’Administration (ENA), création de la Médecine du Travail, loi sur les conventions collectives, loi sur le salaire minimum vital.
Il faut le crier bien fort, le Programme du CNR fut pour notre pays un grand moment d’avancées sociales et démocratiques. Ne laissons pas les démolisseurs continuer leur sale besogne.
Le Bureau de l’Amicale d’Indre et Loire des Vétérans du PCF
NB - Les citations (en italique) sont extraites :
1. de la brochure éditée par les Amis de la Résistance « Programme du CNR » disponible à la
fédération (5 €)
2. site Internet Wikisource.org/wiki – Contenu du Programme du CNR